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Artiste: The Sisters of Mercy

First And Last And Always

Le prix initial était : 29,00€.Le prix actuel est : 25,00€. 25,00€

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UGS : bs-537265 Catégories : , , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

La réédition japonaise de First and Last and Always des Sisters of Mercy, initialement publié en 1985, est un événement qui mérite autant l’enthousiasme des puristes que l’attention des néophytes. Pressée sur un vinyle Black Ice aussi sombre que l’esthétique du groupe, cette version réaffirme la puissance d’un album qui a défini, sinon inventé, le goth rock moderne. À l’écoute, on est immédiatement saisi par cette alchimie unique entre les guitares saturées de Wayne Hussey, les basses grondantes d’Andrew Eldritch et les percussions mécaniques qui donnent à l’ensemble une rigidité hypnotique. Le son, produit par l’ingénieur Dave M. Allen, est d’une clarté cristalline malgré les années, avec des basses qui résonnent comme un écho des catacombes de York, où le groupe a puisé son inspiration. La version japonaise, souvent réputée pour ses détails de mastering, offre ici une dynamique encore plus tranchante, notamment sur Black Planet ou Possession, où les nappes de synthétiseurs et les riffs de Hussey s’entrelacent avec une précision chirurgicale.

L’album se déploie comme une fresque gothique, où chaque morceau est une scène d’un drame romantique et apocalyptique. No Time to Cry et A Rock and a Hard Place illustrent à merveille cette dualité entre mélancolie et rage, avec des mélodies qui s’accrochent comme des lianes avant de se briser dans un crescendo de distorsion. Marian (Version) et Some Kind of Stranger prolongent cette atmosphère envoûtante, avec des structures plus ambitieuses et des paroles qui oscillent entre obscurité métaphysique et désespoir existentiel. Eldritch, dont la voix rauque et théâtrale est devenue une signature, y déploie tout son talent pour incarner à la fois le prophète maudit et le dandy décadent. Pourtant, c’est First and Last and Always qui clôt le disque en apothéose, avec son intro hypnotique et son crescendo final, une métaphore parfaite de l’œuvre entière : un cycle de destruction et de renaissance, à la fois intime et cosmique.

Si l’on peut reprocher à First and Last and Always son manque de variété rythmique – les tempos restent majoritairement lents et lourds –, c’est aussi ce qui en fait un chef-d’œuvre de cohérence. Les Sisters of Mercy y ont sculpté un univers sonore où chaque note semble chargée d’une tension presque insoutenable, comme si l’album lui-même était une bombe à retardement. La production, bien que parfois datée dans ses choix (les synthés de Amphetamine Logic sonnent aujourd’hui comme un clin d’œil rétro), conserve une puissance brute qui transcende les modes. À l’ère du goth rock revisité par des influences industrielles ou électroniques, ce disque rappelle que la simplicité peut être une force : ici, pas de fioritures inutiles, seulement l’essence pure d’une musique qui cherche à exorciser ses démons.

Cette réédition japonaise, avec son packaging soigné et son son amélioré, est une aubaine pour les collectionneurs et les fans. Elle permet de redécouvrir un album qui, près de quarante ans après sa sortie, reste aussi envoûtant qu’un sortilège. Les Sisters of Mercy n’ont peut-être pas inventé le goth, mais ils en ont fait un genre à part entière, et First and Last and Always en est l’acte de naissance. À écouter dans le noir, de préférence, pour en saisir toute la dimension maléfique.