Description
THE GITS – ETCETERA – VINYLE TRANSPARENT : L’ÉCHO BRISÉ D’UNE LÉGENDE INACHEVÉE
Il y a des rééditions qui ne se contentent pas de célébrer un passé glorieux, mais qui en ravive la brûlure, comme si le temps n’avait pas eu prise. ETCETERA – VINYLE TRANSPARENT est de celles-là. Ce vinyle transparent, aussi fragile que l’héritage des GITS, exhume des captations live et des versions rares qui, loin de n’être que des curiosités archéologiques, révèlent une énergie brute, une urgence punk qui transcende les décennies. Mia Zapata, avec sa voix à la fois rauque et envoûtante, y incarne une rage poétique, tandis que les instrumentaux – entre garage punk et rock alternatif – oscillent entre chaos contrôlé et mélancolie contagieuse. La remasterisation 2024, loin d’adoucir les aspérités, les magnifie, donnant à ces enregistrements une présence presque hallucinatoire.
Le disque s’ouvre sur un coup de poing : Bob (Cousin O.) (live sur KDVS en 1992), où la section rythmique martèle comme un métronome sadique, tandis que Mia scande des paroles qui semblent crachées entre deux gorgées de bière. Social Love, autre perle de ce set, oppose à cette furie un groove plus dansant, presque funky, où la guitare de Joe Plummer (oui, le futur Modest Mouse) dessine des riffs qui grincent comme une porte rouillée. Mais c’est dans les enregistrements du Albion de 1993 que le génie des GITS atteint son paroxysme. Precious Blood, Cut My Skin It Makes Me Human et I Was Only Telling A Lie forment une trilogie hypnotique, où chaque note de basse (signée Matt Dresdner) semble peser une tonne, et où les solos de guitare, entre feedback et lyrisme, évoquent les ombres de Neil Young et de Sonic Youth. La voix de Mia, tour à tour rauque, fragile ou rageuse, donne à ces morceaux une dimension presque shakespearienne.
Côté B, l’énergie ne faiblit pas. Absynthe (live au Off Ramp en 1992) est un tour de force : un mur de distorsion où les guitares s’entremêlent comme des serpents en colère, tandis que Slaughter of Bruce et A (tous deux issus du même live KDVS) confirment l’aisance des GITS à passer du punk le plus abrasif au rock le plus mélodique en l’espace de quelques mesures. Daily Bread, capté au Klub Komotion en 1993, est un chef-d’œuvre méconnu : une ballade lente, presque country, où la guitare acoustique se love autour d’un texte d’une lucidité cruelle. Enfin, While You’re Twisting I’m Still Breathing (version single de 1991) et Blue Spirit Blues (1987) rappellent que le groupe, avant même la mort tragique de Mia en 1993, avait déjà forgé une identité sonore unique, entre punk de garage et blues désabusé.
ETCETERA – VINYLE TRANSPARENT n’est pas une simple compilation de raretés : c’est un testament. Un document qui prouve que les GITS, malgré leur courte carrière, ont marqué l’histoire du rock comme peu d’autres. Ce vinyle transparent, presque spectral, semble porter en lui l’écho des nuits enfumées de Seattle, des cris de Mia contre l’oppression, et de cette alchimie rare entre rage et mélancolie. À écouter absolument – de préférence à volume élevé, dans le noir, pour que l’esprit des GITS vous hante encore longtemps après la dernière note.