Description
DJ Sundae, sélectionneur hors pair, revient chez Efficient Space avec *Nothing Ever Was*, un recueil impeccable de mélancolie indépendante fantomatique, allant du folk des « village greens » des années 60 et 70 au shoegaze marginal, en passant par la pop intimiste du nouveau millénaire. Chaque enregistrement étant un véritable exorcisme émotionnel, Sundae redonne vie à une musique qui était à peine perceptible à son époque, créée dans des lieux calmes et des recoins obscurs, partagée uniquement avec une poignée d’initiés via des pressages privés, des labels amateurs et des CD-R aujourd’hui en voie de destruction.
Libérée de toute contrainte d’époque, de continent, de scène ou de rareté, la pop indie maison des années 2000 ouvre les deux faces avec les merveilles en quatre titres de The Motifs et Betelmire, des contemporains sans lien entre eux qui trouvent leur place aux côtés de la rouille à la Crazy Horse d’Andrew Jay, de l’adolescence garage régionale de Pauline Scribner et de la poésie guitaristique mancunienne anesthésiée du regretté Quigley.
Les autres titres zigzaguent entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Les vagabonds folk John Strang & Valentine Lewis Lloyd, Virgin Insanity, Kusudo & Worth et l’acoustique spartiate de « Garden of Eden » de Penny Wager trouvent leur pendant dans les élans indie intimistes d’Empress et de Slumber. Phil Angotti, figure incontournable de la power pop de Chicago, se révèle ici sous son jour le plus tendre, tandis que Teri Rini clôt l’album en beauté avec sa chanson d’amour langoureuse, digne d’un salon d’hôtel, qui semble arrêter le temps.
Exploration plus profonde et plus personnelle de l’écriture sentimentale de Sky Girl, Sundae s’est retrouvé à accumuler une collection de morceaux trop irrésistibles pour rester confinés à ses mixtapes anonymes pour TTT, P.A.M. et Good Morning Tapes, ou à son émission bimestrielle d’une heure sur NTS Radio. Une fois encore, sa magie émotionnelle rassemble une troupe hétéroclite, dont le récit non écrit se compose de souvenirs fragmentés de vies passées laissés par de futurs entraîneurs de chevaux, des thérapeutes spécialisés dans la kétamine et des carriéristes jouant dans un groupe reprenant les morceaux des Fab Four.
Sans une seule seconde gaspillée sur ce 1LP, il a fallu tout un village pour donner vie à ce nouvel compagnon, grâce à la restauration audio minutieuse de David Bergot, aux images oniriques de Matthieu Crozier, au design élégant d’Ivan Liechti et à une préface perspicace de Jessica Pratt, une âme sœur.