Artiste: Various Artists

Stax Killer B’s

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LP

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UGS : bs-537190 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Avec Stax Killer B’s, Craft Recordings nous offre une plongée aussi enivrante que méconnue dans les entrailles du label mythique, là où le funk et le blues se mêlaient avec une crudité et une inventivité qui ont fait de Stax une machine à tubes aussi bien qu’un laboratoire sonore. Ce double album vinyle rouge fumée, compilant des faces B et des raretés des années 1960 et 1970, est une pépite pour les collectionneurs et les amateurs de soul brute, mais aussi une révélation pour quiconque croit tout savoir de l’usine à hits de Memphis. On y découvre des titres qui, bien que relégués au verso des singles, portent en eux la même énergie électrique que les tubes de Otis Redding, Sam & Dave ou Booker T. & The M.G.’s. La production, souvent plus rugueuse et moins polie que sur les versions originales, révèle des textures organiques — des cuivres qui déchirent, des rythmes de basse qui cognent comme un marteau-piqueur, et des voix qui oscillent entre la supplication et l’orgueil blessé.

Parmi les pépites, Poem On The School House Door (A6) se distingue par son ambiance hypnotique, presque spoken word, où une guitare slide traîne comme une ombre sur un texte socialement engagé. La reprise de Mannish Boy (B1) par un artiste anonyme (peut-être un jeune Albert King en herbe ?) est un coup de maître : le riff de blues est distordu à souhait, et la voix rauque, entre grognement et mélancolie, rappelle que le blues n’a jamais eu besoin de fioritures pour être puissant. The Right Track (B2) et Consider Me (B4) confirment cette vitalité : le premier, avec son groove minimaliste et ses chœurs en écho, évoque les sessions de Steve Cropper, tandis que le second, plus lent et envoûtant, rappelle que Stax savait aussi composer des ballades où la douleur et la résilience se mêlaient avec une grâce rare. Même les titres les plus courts, comme AJ The House Fly (A1) ou Soul Clap ’69 (A2), distillent une énergie contagieuse, comme si chaque morceau était un uppercut musical.

Ce qui frappe le plus, c’est la diversité des approches au sein d’un même label. They Want Money (A5) et Punish Me (B3) penchent vers un funk plus âpre, presque psychédélique, avec des basses qui grognent et des guitares qui crissent, tandis que I’m Not Ashamed To Beg Or Plead (B5) et One Woman’s Man (B6) explorent une soul plus intime, où les cordes et les cuivres s’entrelacent pour créer une atmosphère à la fois nostalgique et urgente. La production, souvent attribuée à des ingénieurs comme Tom Dowd ou Lincoln Chase, est ici mise en valeur par le mastering moderne de Craft Recordings, qui préserve la chaleur analogique tout en offrant une clarté surprenante. Le vinyle rouge fumée, en plus d’être un objet de collection désirable, ajoute une dimension presque mystique à l’écoute, comme si chaque note était teintée de sang et de sueur.

Stax Killer B’s n’est pas une simple compilation de seconds couteaux : c’est une preuve que les faces B de Stax étaient souvent des laboratoires d’expérimentation où les artistes osaient tout, sans se soucier des conventions commerciales. Si certains titres peuvent sembler datés ou inégaux, la majorité d’entre eux transcendent leur statut de « morceaux de remplissage » pour s’imposer comme des œuvres à part entière. Pour les puristes, c’est une occasion de redécouvrir des perles oubliées ; pour les néophytes, une porte d’entrée vers l’âme brute de Stax. En 2026, alors que les rééditions de soul vintage pullulent, cette compilation se distingue par son authenticité et son audace. À écouter à fond, de préférence avec un tourne-disque et un verre de whisky à la main.