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Artiste: Yes

Tales From Topographic Tours

Le prix initial était : 52,00€.Le prix actuel est : 49,00€. 49,00

3LP

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UGS : bs-537271 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Avec Tales from Topographic Tours, Yes signe un retour aussi ambitieux que surprenant à une époque où le rock progressif, surtout sous sa forme symphonique et conceptuelle, semble avoir déserté les radars des majors. Ce coffret vinyle, édité pour le Record Store Day 2026, n’est pas une simple rééditions de vieilles bandes ou un hommage nostalgique : c’est une réinterprétation live et studio hybride de Tales from Topographic Oceans (1973), l’album le plus controversé et le plus audacieux du groupe, souvent considéré comme un monument du genre — ou son Everest, selon qu’on l’admire ou qu’on le trouve insupportablement prétentieux. La production, signée par Steven Wilson (Porcupine Tree) et Alan Parsons (The Dark Side of the Moon), respire une clarté cristalline qui révèle des textures jusqu’alors noyées dans le mix original. Les guitares de Steve Howe, d’une précision chirurgicale, dialoguent avec les claviers de Geoff Downes comme des architectes sculptant un cathédrale sonore, tandis que les voix de Jon Anderson et de son successeur actuel, Benoît David, s’entrelacent avec une fluidité qui gomme les décennies. Le résultat ? Un album qui sonne à la fois comme un hommage et une réinvention, où chaque note semble respirer l’air du XXIe siècle sans trahir l’esprit originel.

L’ouverture avec The Revealing Science Of God / Dance Of The Dawn est un coup de maître : le morceau, déjà titanesque en 1973, gagne en puissance grâce à une dynamique qui alterne entre des sections éthérées, presque méditatives, et des explosions rythmiques où la batterie de Alan White (remplacé ici par un Patrick Druault virtuose) pulse comme un cœur mécanique. Le passage à The Remembering / High The Memory est tout aussi captivant, avec ses changements de tempo abrupts et ses harmonies vocales qui évoquent les chœurs de Close to the Edge. Mais c’est dans The Ancient / Giants Under The Sun que le projet prend une dimension presque mystique : les nappes de synthétiseurs, jouées sur des instruments vintage comme le Mellotron et le Yamaha GX-1, créent une atmosphère onirique, tandis que les solos de Howe, d’une virtuosité jamais lassante, s’élèvent comme des prières laïques. Le groupe semble avoir enfin trouvé l’équilibre parfait entre le respect du matériel original et une modernité qui évite le piège du pastiche.

Le vrai tour de force réside dans la façon dont Tales from Topographic Tours gère les attentes. Les puristes de 1973 pourraient grincer des dents face à certains arrangements plus aérés, mais c’est précisément cette audace qui sauve l’entreprise de la redondance. Ritual / Nous Sommes Du Soleil, par exemple, est réimaginé avec une section rythmique plus serrée et des chœurs féminins ajoutés, donnant une dimension presque liturgique à ce qui était déjà un morceau hypnotique. Et puis il y a .And You And I, qui clôt le premier disque : une ballade acoustique où la guitare de Howe et la flûte de Anderson s’entrelacent avec une tendresse qui rappelle Fragile, mais avec une maturité qui transcende les années. Le second disque, centré sur Close To The Edge, est peut-être moins révolutionnaire, mais il offre une lecture plus intime du titre éponyme, où les détails de production — les effets de phase, les échos — sont mis en valeur comme jamais.

Si ce projet a un défaut, c’est peut-être son ambition même : à vouloir réinventer un chef-d’œuvre, on risque de décevoir ceux qui chérissent l’original pour ses imperfections. Pourtant, Tales from Topographic Tours réussit là où tant d’autres rééditions échouent : il ne se contente pas de polir le passé, il le réanime. C’est un disque qui mérite d’être écouté à l’aube, dans une pièce sombre, avec une paire d’écouteurs de qualité et une bouteille de vin à portée de main. Parce que oui, c’est long. Oui, c’est dense. Mais c’est aussi une expérience musicale qui rappelle pourquoi le rock progressif, malgré ses excès, reste l’un des derniers refuges de l’art total.