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Artiste: Ale Hop, Alejandra Cárdenas

A Body Like a Home (w/ poem booklet)

Le prix initial était : 32,00€.Le prix actuel est : 29,00€. 29,00

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UGS : bs-512032 Catégories : , , Marque : ,

Date de disponibilité (sous réserve) : 22 décembre 2025

Couleur : Black

Description

Après une série de collaborations acclamées, notamment Agua Dulce avec la percussionniste Laura Robles et Mapambazuko aux côtés du guitariste congolais Titi Bakorta, l’artiste péruvienne Alejandra Cárdenas (alias Ale Hop) revient avec son œuvre la plus personnelle à ce jour, A Body Like a Home. Premier album sous son nom de naissance, ce projet est un mémoire sonore qui explore les domaines complexes du traumatisme, de la guérison et de l’amour à travers des paysages sonores autobiographiques.

A Body Like a Home est l’artiste à son plus intime. Composé de 13 chansons et 15 poèmes, l’album la voit mettre de côté les fusions collaboratives au profit d’une catharsis en solo, canalisant des années de turbulences – les cicatrices intergénérationnelles laissées par le colonialisme, le racisme, la violence domestique et l’alcoolisme – dans une œuvre qui oscille entre brutalité et tendresse. Cárdenas déclare : « J’ai grandi sous la dictature d’Alberto Fujimori, à une époque où un voile de désespoir semblait recouvrir tout. C’est la toile de fond de l’album. Les chansons et les poèmes retracent la boucle inévitable entre les blessures privées – addiction, violence domestique, intimité brisée – et les cicatrices nationales du Pérou, marquées par le colonialisme. Ce n’est pas une histoire linéaire ni une résolution. Écrire et composer sont devenus un rituel consistant à creuser pour trouver un sens à ce qui est enfoui, dissimulé ou renommé, jusqu’à ce que le corps lui-même devienne une archive vivante ».

Au cœur de l’album, on retrouve la voix de Cárdenas, à la fois témoin et confesseur, qui récite sur fond de guitares électriques, de textures électroniques, du violon envoûtant de la musicienne mexicaine Gibrana Cervantes et d’un
collage d’enregistrements sur le terrain, allant de la pluie, des chuchotements étouffés et du bruit de verre brisé à des images d’archives de manifestations au Pérou. Le résultat est une œuvre qui résonne comme un journal intime écrit en musique.

Le premier single, « Motherland », est un témoignage poignant où la voix de Cárdenas se brise sous le poids
de l’histoire et de la perte personnelle. Au milieu d’une tempête de guitares distordues, elle retrace l’héritage cyclique du colonialisme, des massacres d’État qualifiant les corps indigènes de « terroristes » à la spirale de la dépendance comme un avenir inévitable. Les paroles établissent un parallèle entre la violence politique et la violence domestique : le couteau d’une mère ivre pressé contre sa poitrine, et une patrie où le racisme est monnaie courante. Elle déclare : « le sacrifice exige un corps ». Pourtant, au milieu des décombres, une emprise volontaire sur l’amour et la foi persiste.

En fin de compte, A Body Like a Home est un document sur la transformation. Des morceaux comme « Evangelina » et le titre
« A Body Like a Home » laissent place à la résilience, à la spiritualité et à l’amour, tandis que « Early Road » et
« Going South » font subtilement référence au folklore péruvien, ouvrant des vignettes lumineuses sur un sentiment d’appartenance.

Le recueil de poésie qui accompagne A Body Like a Home (cinq de ses poèmes sont également récités sur l’album) prolonge l’œuvre, construisant une architecture parallèle. Oscillant entre le documentaire et le mythique, l’intime et le médico-légal, le profane et l’onirique, ces poèmes pratiquent une théologie de l’ordinaire, où les objets quotidiens – appareils photo, couteaux, coton rongé par les mites – sont chargés d’une signification spirituelle et historique. Ici, le corps est terre, maison, champ de bataille, douleur collective, territoire géologique ; et le traumatisme est, en revanche, archivistique, cellulaire, ritualiste, hérité. Lus en parallèle avec la musique, les récits se réfractent à travers deux médiums : les chansons leur donnent souffle et les poèmes leur donnent substance.