Description
À mi-parcours l’auteur ose une saillie politique (J’irai pleurer sur vos tombes). Façon pour lui de prendre à nouveau le parti des losers, des gagne-petits, des opprimés, parti qu’il a toujours revendiqué et qui prend là presque un détour christique. Betsch semble vouloir attirer à lui tous les laissés pour compte, y compris ces femmes de 50 ans qui traînent avec elles une partie du chagrin du monde (Les chevaux de frise).
L’album s’achève par une injonction assez inhabituelle chez l’auteur puisqu’il nous propose d’aller Vers la joie. L’adversité ne l’empêche pas de prôner le dépassement de soi. Après tout, il ne faut pas désespérer Billancourt.
En fin de compte, tout au long de cet (ultime ?) opus, BB prend un malin plaisir à conjuguer espoir et désespoir, à en mélanger les fils dans un subtil canevas aux sonorités classiques (belle présence de Salomé Perli aux violons), parfois rehaussé de discrètes touches d’électronique.
Bref, Betsch ne cherche pas à se réinventer, il nous offre plutôt un inventaire ambigu et poétique de tout ce qui le taraude. Libre à chacun d’y trouver son compte ou son mécompte.
