Artiste: Earth And Fire

Atlantis (LP turquoise)

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LP

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UGS : bs-537014 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Couleur : Turquoise

Description

Avec Atlantis, Earth and Fire ressuscitent une légende oubliée du rock progressif européen des années 1970, non pas en copiant leur propre passé, mais en réinventant leur langage musical pour une ère où le symphonisme et l’électronique se marient avec une grâce presque anachronique. Ce double album vinyle, pressé sur un turquoise hypnotique, est une odyssée sonore qui transcende le simple exercice de nostalgie : c’est une plongée dans les abysses d’une cité engloutie, où les claviers de Ton Scherpenzeel (toujours aussi inventif) et les guitares de Chris Koerts (d’une précision chirurgicale) s’entrelacent avec une fluidité qui rappelle les grands moments de To the World of the Future (1975), mais avec une maturité qui n’existait pas alors. Le concept, centré sur la mythique Atlantide, n’est pas qu’un prétexte : il sert de canevas à une narration musicale où chaque mouvement — du Prelude envoûtant aux Rumbling From Inside The Earth apocalyptiques — est une scène à part entière, peinte avec des couleurs orchestrales et des textures électroniques qui auraient fait pâlir Keith Emerson.

Le morceau éponyme, Theme Of Atlantis, est un sommet absolu : une mélodie envoûtante, portée par un orgue Hammond qui ondule comme les vagues, tandis que la basse de Bert Ruiter pulse avec une gravité presque funèbre. Le contraste entre les sections lyriques (le chant de Jerney Kaagman, toujours aussi envoûtant) et les passages instrumentaux, où les synthétiseurs Moog et les guitares wah-wah s’affrontent dans un duel épique, est d’une intelligence rare. On pense aux Pink Floyd de The Wall, mais avec une clarté et une accessibilité qui manquent souvent au rock progressif. Destruction (Rumbling From Inside The Earth) est un autre chef-d’œuvre : une descente aux enfers sonore, où les nappes de synthé évoquent des tremblements de terre, et où la batterie de Ton van der Kleij frappe comme un marteau-pilon. La production, signée par le groupe lui-même, est d’une richesse inouïe : chaque instrument respire, chaque effet est dosé avec une précision de chirurgien.

Côté moins convaincant, Maybe Tomorrow, Maybe Tonight et Love, Please Close The Door peinent à s’élever au niveau des autres titres. Le premier, trop sage, manque de l’audace qui fait la force du reste de l’album, tandis que le second, bien que charmant, semble un peu désuet dans son approche pop-rock des années 70. Heureusement, ces écarts sont rares et n’entachent pas l’ensemble. Le vrai triomphe réside dans les interludes et fanfares, où Earth and Fire prouvent qu’ils maîtrisent l’art de la tension dramatique : Interlude est une pépite de minimalisme sophistiqué, tandis que Fanfare rappelle que ce groupe a toujours su marier grandeur et intimité.

Atlantis n’est pas qu’un disque : c’est une expérience immersive, un voyage dans le temps et l’espace où le rock progressif retrouve une jeunesse qu’on ne lui soupçonnait plus. Avec ce retour, Earth and Fire ne se contentent pas de célébrer leur héritage — ils le réinventent, prouvant que les légendes ne meurent jamais vraiment, mais qu’elles peuvent renaître, plus fortes et plus belles, comme une cité engloutie qui refait surface après des millénaires.