Description
La voix vous captive, d’abord avec douceur. Mais on se rend vite compte que quelque chose cloche : une agitation bouillonne sous la surface de *Mammoth* de Flora Hibberd, le deuxième album de l’auteure-compositrice britannique en autant d’années. Évoluant par rapport à la chaleur acoustique luxuriante de son premier album *Swirl*, ces dix chansons sont imprégnées de l’énergie d’une époque : elles sont désormais électriques, fougueuses et pleines de vie. Tout est en ébullition : la voix de Hibberd est une flèche qui transperce le cœur, réfractée par l’eau d’un étang et étrangement reflétée dans les voix et les êtres qui gravitent autour d’elle. Produites par Ben Lanz (Beirut, The National), les chansons de *Mammoth* évoluent sur une corde raide vertigineuse, agitées par les ondes électroniques des synthétiseurs modulaires de Lanz et portées par l’étreinte physique de ses sections de cuivres magnifiquement arrangées. Les influences folk initiales de Hibberd ont disparu, laissant place à un son tendu et serré : la batterie brute et fluide de Lucien Chatin, les lignes de basse franches de Nils Sørensen, la guitare fiévreuse de Victor Claass, son collaborateur de longue date. Des figures émergent du fourré, faisant entendre leurs propres voix : Sufjan Stevens (« Ache », « Perfect Ripple »), Kate Stables et Lonny de This Is The Kit (« Deltaplane », « Mythic Figure ») et J.E. Sunde (« Shelley », « Dew Pond »). D’abord élaborées sous forme de démos par Flora, Ben et Victor au Vésinet pendant plus de six mois, la batterie, la basse et la guitare ont ensuite été enregistrées en direct par Ben au studio Mini Pond d’Aaron Dessner, au Pays basque. Mixé avec amour à Paris par Étienne Caylou et masterisé avec brio par Chab, « Mammoth » brille d’un éclat pop sans pour autant adoucir ses aspérités.