Description
NOTES DU COMPOSITEUR SUR LES ŒUVRES
Les Machines, qui datent de la période 1967-1972, marquent une rupture avec la nature plus traditionnellement « narrative » du reste de mes compositions. J’utilise le mot Machine pour définir un processus cohérent régissant une série d’actions musicales dans un univers sonore particulier et, par extension, la perception qu’en a l’auditeur. On pourrait ainsi considérer Welsh Rarebit comme une machine dans laquelle un processus est appliqué au conditionnement et à la perception du monde du pain et du fromage.
Autumn Countdown Machine présente la non-simultanéité garantie de six paires d’instruments mélodiques graves, chacun dirigé par un percussionniste jouant en rythme et apportant des ajustements mineurs au réglage d’un métronome à cloche.
Son of Gothic Chord présente la mobilisation de quatre claviéristes dans une progression d’accords séquentielle s’élevant sur une octave.
Jews Harp Machine présente diverses permutations des articulations « Ging, Gang, Gong, Gung, Ho ! ».
Drinking and Hooting Machine présente quelques observations sur le monde des bouteilles et leur potentiel musical non percussif. L’effet de cette pièce a été comparé à celui d’une grande volière remplie de chouettes qui s’entraînent toutes à descendre très lentement des gammes.
John White, mars 1976
L’ÉCUREUIL ET LE PONT BRUYANT ET BRUYANT
Cette pièce, pour un joueur de deux guitares, a été écrite à la demande du guitariste de jazz Derek Bailey en 1971. J’avais travaillé en étroite collaboration avec Bailey de 1963 à 1966 à Sheffield et dans les environs, en tant que membre d’un groupe qui comprenait Tony Oxley à la batterie et moi-même à la contrebasse. Depuis lors, j’ai perdu tout intérêt pour le jazz et l’improvisation, et comme Bailey était impliqué dans les deux, j’ai écrit une pièce qui utilise une technique que Bailey n’aurait probablement pas développée dans son jeu. Les deux guitares sont jouées simultanément, chacune posée à plat sur le dos, et elles sont disposées côte à côte de manière à ce que les deux touches puissent être jouées en martelant les cordes avec les doigts, comme deux claviers. En outre, la partition contient un certain nombre de références ironiques au jazz et à sa littérature critique – de courts textes ajoutés aux notations « musicales », un peu dans l’esprit d’Erik Satie, impliquant l’interprète dans un dialogue hypothétique avec le compositeur à l’aide de fragments tirés de critiques jazz particulièrement banales, par exemple « « il y a une zone ici », en levant la main au-dessus de sa tête, paume vers le bas, « où les catégories musicales n’existent pas ». ».
La main gauche du musicien bouge à un rythme régulier, comme la basse jazz, à un tempo « entre Lady is a Tramp » comme un rebond moyen, et Cherokee comme une honte pour les musiciens moins doués et plus intrépides », tandis que la main droite ponctue cela avec des notes courtes, comme un soliste de trompette très sélectif ou extrêmement paresseux. Le titre fait référence à un jeu de mots oblique lié au sillet de la guitare, au chevalet de la guitare, au faible bruit de la musique entre les deux – chaque attaque donnant deux notes plutôt qu’une seule – et à une chanson enfantine anglaise sur Billy Goat Gruff.
Derek Bailey a enregistré le morceau chez Incus Records en 1971, et cette nouvelle version est multiple, avec quatre musiciens sur huit guitares, chacun utilisant une paire de guitares qui se distinguent nettement de celles utilisées par les autres.
Gavin Bryars (1971)