Description
Avec Not An Addict, K’S Choice frappe un grand coup en 2026, non pas en réinventant sa formule, mais en confirmant que leur alchimie entre rock alternatif et pop mélodique reste aussi envoûtante qu’à l’époque de Cocoon Crash ou Almost Happy. Ce single, réédité sous forme de vinyle transparent aux éclaboussures bleutées, roses et violettes, est une capsule temporelle qui mêle nostalgie et fraîcheur. La chanson-titre, déjà culte dans les années 1990, retrouve ici une nouvelle vie grâce à une production plus aérée, où les guitares saturées de Sam et Sarah Bettens s’entrelacent avec des nappes synthétiques discrètes, comme si le groupe avait greffé un peu de l’énergie de Dynamo sur le groove organique de leurs débuts. Le résultat ? Un titre qui sonne à la fois intemporel et résolument moderne, porté par un refrain qui s’accroche comme une mélodie de The Cranberries réinventée par un groupe belge en pleine maturité.
Le reste de l’EP, bien que court, offre une plongée dans l’univers du duo avec une cohérence remarquable. Something’s Wrong explore une tension rythmique entre un riff nerveux et une ligne de basse hypnotique, tandis que Little Man mise sur une dynamique pop-rock entraînante, presque new wave, avec des harmonies vocales qui rappellent les meilleurs moments de The Bends. La production, signée par le groupe lui-même, évite les écueils du surpolissage : les drums de Jan Van Sichem Jr. claquent avec une précision chirurgicale, et les claviers de Erik Verheyden ajoutent une touche atmosphérique sans jamais étouffer les instruments live. Même la version radio de Not An Addict conserve l’essence du morceau, preuve que K’S Choice maîtrise l’art de la concision sans sacrifier l’émotion.
Les quatre titres live enregistrés au Pinkpop en 1996, inclus en face B, sont un cadeau pour les puristes. Captés dans l’énergie brute d’un festival, ils révèlent une version plus sauvage de To This Day et My Heart, où les imperfections du direct deviennent des atouts. Sarah Bettens y déploie toute l’étendue de sa voix, oscillant entre fragilité et puissance, tandis que les guitares de Sam Bettens s’enflamment avec une fougue qui rappelle les grands soirs de la scène rock européenne. Ces enregistrements, bien que techniquement moins aboutis que les versions studio, captent l’âme du groupe à une époque où leur musique résonnait comme un cri de rébellion douce.
Si Not An Addict ne révolutionne pas le genre, il confirme que K’S Choice reste un groupe sous-estimé, capable de marier l’introspection pop à l’énergie du rock avec une élégance rare. Ce vinyle, avec son design soigné et son contenu riche, s’adresse autant aux collectionneurs qu’aux nouveaux auditeurs : une preuve que certaines mélodies, comme certaines émotions, ne vieillissent pas.