Description
Ceux qui ne connaissent pas le style de Jones resteront bouche bée devant le caractère purement anticipatoire de son collage sonore.
Les cinq longs morceaux s’appuient sur des rythmes hypnotiques et quelque peu menaçants : une ligne de basse dub répétitive, des vagues de cordes et de voix moyen-orientales, des couches de percussions à main qui s’amplifient. Chaque morceau est distinct, mais les vagues sonores vont et viennent, créant souvent une impression de mouvement et de changement. Tous les morceaux se ressemblent et partagent même certains éléments. La tension du Moyen-Orient est si fidèlement capturée grâce à l’utilisation des instruments de la région (en particulier les percussions), d’électronique sinistre, d’échantillons d’hommes chantant, de femmes pleurant, de sons tirés des horreurs de la guerre et de distorsions rageuses occasionnelles que l’auditeur se sentira transporté au cœur même de la bête. « Mullah Said » met en évidence deux aspects du travail de Muslimgauze.
Tout d’abord, musicalement, il s’inscrit dans la veine ambiante délicieusement planante. Les percussions sont principalement des tambours à main acoustiques – fournissant un rythme aux caractéristiques sonores – ; le son de cordes chatoyant, marque de fabrique de l’artiste, que l’on entend sur plusieurs de ses albums, est très présent ; les rythmes sont généralement plus lents ; on trouve de nombreux échantillons de conversations entre personnes, de marchés ici et là. « Mullah Said» ouvre le disque avec un charmant mélange de ces sons. « Every grain of Palestine sand » poursuit dans cette ambiance, avec un tempo légèrement plus rapide et un accent plus marqué sur le rythme. Mais l’album s’enfonce rapidement dans une lassitude hypnotique, tandis que divers effets font résonner ou brouillent les sons, que la batterie intervient par brefs instants et que différents sons de cordes viennent s’ajouter à la composition. « Muslims die India » s’inscrit dans cette ambiance, bien que les voix semblent plus sombres, plus tristes, puis vient « Every grain of Palestinian sand », suivi de « Muslims die India ». Oui, ce n’est pas une faute de frappe : ces morceaux sont répétés. Une tendance chez Muslimgauze : se remixer lui-même. Une ambiance moyen-orientale typique de Muslimgauze : si vous aimez cet aspect, vous adorerez cet album. Le dernier morceau est court et différent, un fond crépitant sur lequel un chanteur entonne une chanson interrompue par des rafales de percussions à la mitraillette : « An end ».
https://muslimgauze.bandcamp.com/album/mullah-said
