Artiste: Neil Young

As Time Explodes (Live Album)

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2LP color

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UGS : bs-537231 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Neil Young & The Chrome Hearts livrent ici un album qui oscille entre la nostalgie d’un passé glorieux et l’urgence d’un présent électrique, le tout enveloppé dans une patine analogique qui rappelle pourquoi le rock n’a jamais vraiment quitté la scène. Enregistré dans l’urgence et la spontanéité, ce live capture une formation resserrée, où les Chrome Hearts – ces gardiens du temple psychédélique et bluesy – servent de catalyseur à l’énergie brute de Young. Le son est à la fois chaud et aéré, avec des guitares qui crissent comme des braises sous la pluie, des batteries qui grondent comme un orage lointain, et une basse qui pulse comme un cœur fatigué mais indomptable. La production, signée par Young lui-même, mise sur la transparence : on entend chaque note de guitare slide, chaque respiration de l’harmonica, chaque grattement de corde, comme si l’on était assis au premier rang d’un bar enfumé des années 70.

Le répertoire, puisé dans un demi-siècle de carrière, est à la fois un hommage et une réinvention. Harvest Moon y est traité avec une tendresse presque sacrée, les cordes de la guitare acoustique s’étirant comme des fils de soie, tandis que Ohio, ce cri de colère figé dans le temps, explose avec une violence contenue, portée par un rythme implacable. Cortez The Killer s’étire sur près de quinze minutes, une odyssée hypnotique où les solos de Young et les harmonies des Chrome Hearts s’entrelacent comme des lianes dans une jungle sonore. Le morceau, déjà légendaire, gagne ici une dimension presque mystique, comme si l’on écoutait une messe noire célébrée par des chamans du rock. À l’inverse, Big Crime est une piqûre de rappel : un blues minimaliste, presque spoken word, où la voix de Young, rauque et usée, porte le poids des années comme une armure.

Les surprises sont rares, mais les moments de grâce sont légion. Like A Hurricane est un chef-d’œuvre absolu, une tempête de 11 minutes où les guitares hurlent comme des sirènes de navire en perdition, et où le solo final, d’une intensité presque insoutenable, semble défier les lois de la physique. After The Gold Rush, lui, est un souffle de douceur dans cette tempête, une ballade cristalline où le piano et la voix de Young s’élèvent comme une prière laïque. Le disque se clôt sur Silver Eagle, un instrumental envoûtant, presque cinématographique, où les Chrome Hearts prouvent qu’ils ne sont pas de simples accompagnateurs, mais des complices à part entière. On regrettera peut-être l’absence de titres plus obscurs ou de réinterprétations audacieuses, mais l’ensemble reste d’une cohérence rare pour un live, comme si chaque note avait été soigneusement choisie pour servir une vision unique.

En définitive, ce live est bien plus qu’un simple document : c’est une déclaration d’amour au rock, un rappel que la musique, quand elle est jouée avec passion et sincérité, peut encore soulever des montagnes. Neil Young, même à près de 80 ans, prouve qu’il reste un pyromane du genre, capable d’allumer des incendies sonores tout en murmurant des confessions intimes. Les Chrome Hearts, quant à eux, méritent une place dans le panthéon des groupes de soutien les plus inspirants de l’histoire. À écouter à fond, de préférence dans le noir, avec un verre de whisky à la main.