Description
Rythmes lents de batterie, contretemps légèrement phasés avec la guitare, nappes brumeuses de synthétiseur : une idylle vaporeuse s’ouvre sur la route du festival des fusées (« bang fai »). Dans l’esprit du lam soeng, genre populaire lao fondé sur le dialogue chanté, Sothipong entame un jeu de séduction auquel Oulay Vanh ne se laisse pas facilement prendre.
Variation stylistique du lam soeng, le thème du « bang fai », lié aux fêtes précédant la saison des pluies au Laos, est l’un des plus célèbres. Pourtant, le producteur et compositeur Sothy en propose en 1981 une version déroutante : introduction instrumentale détachée du canon chanté, sonorités synthétiques épurées, absence d’instrumentation traditionnelle. L’ensemble, produit en France par le label parisien Oxygène (connu pour sa compilation punk 125 grammes de 33 1/3 tours), rend l’album Chansons Laotiennes inclassable.
Quant à Sothy, son identité demeure mystérieuse : musicien cambodgien exilé ? Producteur parisien des années 1980 ? Compositeur issu de la diaspora laotienne ? Il reste insaisissable.
Le second morceau, tout aussi énigmatique, mêle beat box, voix réverbérée, solo de guitare et synthétiseur léger. Intitulé « Tuei » ou « Tawai » (« offrande »), il invite à la danse avec une mélodie joyeuse et des pas dynamiques, proches d’un « paslop », presque thérapeutique, censé délier le bassin grâce à des chorégraphies laotiennes synchronisées.
Pour ses premiers projets, le label Akuphone fait appel au producteur parisien Shelter (Alan Briand), dont les influences éclectiques vont du krautrock au disco, des musiques traditionnelles au synth pop, en passant par la bossa nova et le funk japonais.
Il s’agit du tout premier maxi single d’Akuphone.