Artiste: John Frusciante

To Record Only Water For Ten Days

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2LP color

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UGS : bs-537225 Catégories : , , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Avec To Record Only Water for Ten Days, John Frusciante signe un album qui, bien que publié en 2026, semble flotter hors du temps, comme une capsule de lo-fi rock enfouie dans les sédiments des années 2000. On y retrouve l’ADN de ses collaborations avec les Red Hot Chili Peppers, mais aussi l’écho de ses explorations solo plus expérimentales, le tout distillé à travers une lentille de production volontairement rudimentaire. Frusciante, maître des textures organiques et des mélodies envoûtantes, y déploie une palette de guitares saturées mais jamais agressives, de rythmes hypnotiques et de voix murmurées, créant une atmosphère à la fois intime et légèrement onirique. L’album respire la nostalgie d’un rock alternatif qui n’a jamais vraiment quitté les marges, mais qui, ici, est magnifié par une patine de désinvolture assumée.

Le disque s’ouvre sur Going Inside, un titre qui, dès les premières notes de guitare distordue, annonce la couleur : un mélange de mélancolie et d’énergie contenue, typique de l’écriture de Frusciante. Someone’s et The First Season confirment cette impression, avec des riffs qui s’enroulent autour de lignes de basse sinueuses et une production qui rappelle les enregistrements de Californication ou By the Way, mais en plus lo-fi, comme si l’album avait été capté dans un garage mal insonorisé. Pourtant, ce manque de polish apparent est une force : il donne à l’ensemble une authenticité brute, presque artisanale, qui contraste avec le son lissé des productions modernes. Wind Up Space et Away & Anywhere explorent des territoires plus atmosphériques, avec des nappes de synthés et des percussions minimalistes qui évoquent les expérimentations de Niandra Lades and Usually Just a T-Shirt, mais sans jamais basculer dans l’abstraction pure.

La face B, plus sombre et introspective, révèle l’autre visage de Frusciante : celui d’un songwriter capable de distiller une émotion presque douloureuse dans des mélodies simples. Remain et Fallout sont des bijoux de mélancolie, portés par des guitares qui pleurent et des paroles qui frôlent l’abstraction. Ramparts et With No One poussent l’exercice plus loin, avec des structures qui s’étirent et des harmonies vocales qui rappellent les chœurs éthérés de Stadium Arcadium. Le point d’orgue de cette section est sans doute Murderers, un titre qui, malgré son titre provocateur, est une méditation sur la violence et la rédemption, portée par un riff obsédant et une production qui rappelle les meilleurs moments de The Empyrean.

Les bonus tracks, bien que moins essentiels, offrent une plongée supplémentaire dans l’univers de Frusciante. Time Is Nothing et So Would’ve I sont des morceaux courts et percutants, tandis que The Last Hymn et Beginning Again ferment l’album sur une note plus épique, presque cinématographique. Si l’on peut regretter un manque de cohésion globale – certains titres semblent un peu épars –, c’est aussi ce qui fait la force de To Record Only Water for Ten Days : un album qui se savoure comme une série de moments volés, plutôt que comme une œuvre parfaitement aboutie. Frusciante y prouve une fois de plus qu’il est l’un des derniers grands alchimistes du rock, capable de transformer des idées simples en or mélodique.