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Artiste: Joni Mitchell

For The Roses

Le prix initial était : 37,50€.Le prix actuel est : 33,00€. 33,00

LP color

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UGS : bs-537227 Catégories : , , Marque :

Description

Avec For the Roses, Joni Mitchell grave dans le marbre de la folk-rock une œuvre aussi envoûtante que mélancolique, où chaque note semble suspendue entre l’aube et le crépuscule. Sorti en 1972, ce cinquième album marque un tournant dans sa discographie : après l’éclat baroque de Blue (1971), Mitchell opte pour une palette plus dépouillée, où les guitares acoustiques et les arrangements minimalistes servent une écriture d’une précision chirurgicale. Le vinyle rose opaque et l’artwork alternatif de cette réédition sublime l’objet, mais c’est bien la musique qui captive. Le disque s’ouvre sur Banquet, un morceau qui, malgré sa brièveté, déploie une tension narrative digne d’un roman court, tandis que Cold Blue Steel And Sweet Fire — avec son riff obsédant et ses paroles acérées sur la dépendance — révèle une Mitchell à la fois vulnérable et implacable. On y entend déjà les échos de Court and Spark (1974), mais ici, l’ombre domine : l’optimisme est teinté de résignation, comme si chaque mélodie portait en elle le poids d’un adieu.

Le cœur du disque bat au rythme de Let The Wind Carry Me, une ballade où la voix de Mitchell, à la fois rauque et diaphane, flotte sur des arpèges de guitare qui évoquent le vent dans les feuilles mortes. For The Roses et Woman Of Heart And Mind prolongent cette introspection, avec des textes qui oscillent entre amour et désillusion, servis par une production qui privilégie l’intimité à l’ostentation. Pourtant, c’est dans les morceaux plus rythmés que l’album surprend : You Turn Me On I’m A Radio est un joyau pop-rock, un tube en puissance où Mitchell joue avec les codes de la radio FM, tandis que Electricity — avec son groove funky et ses cuivres discrets — prouve qu’elle pouvait aussi danser sans perdre son âme. Ces titres, souvent éclipsés par les standards du disque, méritent d’être redécouverts : ils montrent une Mitchell moins contemplative, plus joueuse, presque espiègle.

Le clou de l’album reste Judgement Of The Moon And Stars (Ludwig’s Tune), une pièce de près de six minutes où Mitchell fusionne folk, jazz et classique dans une odyssée envoûtante. Le titre, inspiré par Beethoven (via une référence à Ludwig van), est une méditation sur la célébrité et la solitude, avec un solo de piano qui rappelle les sonates du maître allemand. C’est ici que l’on mesure toute l’ambition de Mitchell : elle ne se contente pas de chanter, elle compose des paysages sonores où chaque instrument — de la guitare à la basse, en passant par les cordes — a sa place dans un équilibre parfait. La production de l’époque, signée par elle-même et Henry Lewy, est d’une clarté cristalline, permettant à chaque détail de respirer sans étouffer l’émotion.

For the Roses est un album charnière, moins célébré que Blue ou Hejira, mais tout aussi essentiel. Il capture Mitchell à un moment où elle bascule entre deux époques : celle de la folk intime et celle du rock plus ambitieux. Cette réédition vinyle, avec son packaging soigné et son son restauré, est une aubaine pour les collectionneurs et les nouveaux auditeurs. Car au-delà des rééditions, c’est bien la musique qui survit — et celle-ci, avec ses mélodies inoubliables et ses textes ciselés, mérite amplement de trôner dans toute discothèque qui se respecte.