Description
Avec Animal Pleasure/Tall In The Saddle, les London Cowboys enfoncent le clou d’une carrière déjà bien huilée, confirmant leur statut de gardiens d’un rock’n’roll aussi malicieux que mélodiquement affûté. Ce double album, pressé sur un vinyle rouge éclatant comme une promesse de rébellion, est une déclaration d’amour aux excès des années 70 et 80, revisités avec l’ironie et la précision d’un groupe qui a roulé sa bosse dans les marges du punk et du pub rock. Leur son, à la fois gras et aérien, oscille entre les riffs de Hook Line And Sinker – un titre qui claque comme un uppercut – et les harmonies vocales sucrées de Doris Day, où l’auto-dérision le dispute à une nostalgie savamment dosée. La production, signée par le label Jungle Records, mise sur un mix chaud et dynamique, où la guitare de Steve « The Kid » Jones grésille comme un vieux ampli Marshall, tandis que la batterie de Dave « The Riot » Smith pulse avec une précision de métronome ivre.
Le disque se divise en deux parties distinctes, mais complémentaires : Animal Pleasure, côté A et B, est une plongée dans un rock garage teinté de soul et de reggae (Reggae Cop est un bijou méconnu, où les cuivres flirtent avec le ska), tandis que Tall In The Saddle (côté C et D) bascule vers un hard rock plus direct, presque sudiste, avec des titres comme Blue Murder ou Centerfold qui explosent de riffs enragés. Pourtant, c’est dans les morceaux plus intimistes que le groupe se révèle le plus captivant : Long Goodbye, avec son orgue envoûtant, ou False Emotion, où la voix de Johnny « The Cat » O’Neill se fait plus rauque, presque bluesy, rappellent que les Cowboys savent aussi jouer la carte de la mélancolie sans jamais tomber dans le pathos. Leur secret ? Un équilibre parfait entre virtuosité affichée et désinvolture assumée.
Si certains titres (Wow Wow-Oui Oui, Catcher In The Rye) frôlent le pastiche, c’est avec une telle élégance que l’on pardonne volontiers leur côté « hommage à la sauce ». Le groupe ne se contente pas de copier : il recycle, détourne, et finit par créer quelque chose de neuf, comme en témoigne Saigon, un morceau qui mêle riffs saturés et mélodie envoûtante, ou Die For Your Love, où le solo de guitare sonne comme un hommage à Rory Gallagher. Les London Cowboys ne sont pas des nostalgiques, mais des alchimistes, capables de transformer le plomb du passé en or du présent.
En conclusion, Animal Pleasure/Tall In The Saddle est un disque qui se savoure comme une bière tiède dans un pub enfumé : à la fois réconfortant et stimulant, avec cette pointe de danger qui fait tout le sel du rock’n’roll. Que vous soyez un vétéran des vinyls ou un néophyte en quête de frissons vintage, ce double album saura vous séduire. Et si vous ne deviez en retenir qu’un seul titre, laissez-vous tenter par Animal Pleasure – un hymne à la débauche, aussi entraînant qu’un coup de poing dans la gueule.