Description
« La foie-gelée » est son titre le plus chanté, le plus direct — et bien qu’il y soit question à maintes reprises de deuil, c’est aussi son morceau le plus lumineux. De la course effrénée à travers la ville à la recherche d’un animal de compagnie perdu (Long bridge) à la lente fouille nocturne dans les ruelles d’un quartier escarpé (Down in), en passant par l’explosion mystique (La foi gelée) qui se décante lentement en un bain trouble, mi-apaisant, mi-déconcertant, La foi gelée se déploie comme une succession de chaînes de montagnes émotionnelles et physiques, ponctuées de « portes » invitant l’auditeur à franchir un nouveau pas – sans révéler s’il s’agit du suivant ou du précédent. Sans abandonner les synthétiseurs, l’instrumentation de Monolithe Noir s’oriente discrètement vers des guitares saturées et des cordes frottées, la basse s’impose comme l’instrument dominant, et la voix s’y glisse (Virgox) ou s’impose pleinement au premier plan (Seek you, La foi gelée). Flutter, pièce centrale de l’album, condense les thèmes explorés tout au long du disque, rassemble toute une clique de musiciens (Clara Levy, Raphaële Germser, Isabelle Sainte-Rose, Christophe Claeys, Billy Fuller, Aurélien Auchain, Yannick Dupont) et rend hommage à ceux qui nagent vers le large sans se retourner et sans se soucier de savoir s’ils peuvent encore garder pied. Si ce quatrième album a été construit ainsi, c’est pour que son artisan puisse s’y perdre.
Vin