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Artiste: Phoenix

Alphabetical (LP silver)

Le prix initial était : 32,00€.Le prix actuel est : 29,00€. 29,00

LP color

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UGS : bs-537235 Catégories : , , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Couleur : Silver

Description

Avec Alphabetical, Phoenix signe un retour aussi élégant qu’inattendu, un disque qui semble à la fois ancré dans le présent et hanté par les fantômes du passé. Le groupe, déjà auréolé d’une discographie aussi cohérente que subtile (United, Wolfgang Amadeus Phoenix), confirme ici son statut de maître de l’indie pop sophistiquée, mais avec une maturité qui frôle l’audace. L’album respire la confiance, comme si Phoenix avait enfin trouvé le moyen de concilier l’énergie brute de ses débuts et la précision chirurgicale de ses productions récentes. Le son est à la fois chaleureux et aéré, porté par des mélodies qui s’accrochent sans effort, tandis que les arrangements oscillent entre la pop minimaliste et des touches de funk discret, rappelant parfois l’influence de Talking Heads ou des années 80 new wave revisitées par LCD Soundsystem.

Le premier single, Everything Is Everything, pose le ton : une rythmique enlevée, des cuivres qui dansent, et cette voix de Thomas Mars, à la fois suave et légèrement nasillarde, qui donne l’impression d’un narrateur à la fois désinvolte et profondément mélancolique. Le morceau est un parfait exemple de la signature Phoenix : des paroles qui semblent anodines mais qui, à l’écoute, révèlent une ironie subtile, une façon de parler d’amour ou de désillusion sans jamais tomber dans le cliché. Run Run Run et I’m An Actor suivent, deux titres qui jouent avec les codes du rock FM des années 70, mais avec une ironie assumée, comme si le groupe se moquait gentiment de lui-même tout en revendiquant son héritage. Love For Granted est peut-être le morceau le plus abouti de l’album : une ballade pop où les nappes de synthé se mêlent à une guitare acoustique, créant une atmosphère à la fois intime et envoûtante, presque cinématographique.

Pourtant, Alphabetical n’est pas exempt de défauts. Certains morceaux, comme Victim Of The Crime ou (You Can’t Blame It On) Anybody, peinent à se démarquer, leur structure trop prévisible les rendant un peu fades au milieu d’un album par ailleurs si soigné. Le groupe semble parfois se reposer sur des recettes éprouvées, et l’on regrette un peu cette tendance à l’autoparodie, comme si Phoenix avait peur de sortir des rails qu’il a lui-même tracés. Congratulations, malgré son titre triomphal, sonne un peu creux, comme une tentative un peu forcée de capturer l’énergie des tubes passés sans y parvenir tout à fait.

Malgré ces réserves, Alphabetical reste un disque captivant, porté par une production impeccable (signée par Philippe Zdar, avant son décès tragique) qui donne à chaque instrument sa place sans jamais étouffer les voix. Phoenix prouve une fois de plus qu’il est l’un des rares groupes capables de faire de la pop intelligente sans jamais tomber dans le prétentieux. L’album est une invitation à danser, à réfléchir, et surtout à écouter – encore et encore. Si ce n’est pas leur chef-d’œuvre, c’est assurément l’un de leurs plus solides.