Description
Avec United, Phoenix signe un retour aussi surprenant que maîtrisé, un album qui oscille entre l’énergie électrique de leurs débuts et la sophistication mélancolique de Wolfgang Amadeus Phoenix. Dès les premières notes de School’s Rules, on reconnaît leur signature : des riffs de guitare cristallins, des basses qui pulsent comme un cœur mécanique, et cette capacité à transformer l’ordinaire en quelque chose de presque sacré. Pourtant, l’album ne se contente pas de ressasser le passé. Too Young, avec son refrain envoûtant et ses harmonies vocales impeccables, rappelle que Phoenix a toujours su marier pop et profondeur, mais ici, la production est plus aérée, presque aérienne, comme si les morceaux flottaient dans un espace infini. Le groupe semble avoir trouvé un équilibre entre nostalgie et modernité, sans jamais tomber dans la parodie ou le pastiche.
United est un disque qui se savoure morceau par morceau, chaque titre offrant une facette différente de leur palette. Honeymoon est un joyau : une ballade envoûtante, portée par des synthés vaporeux et une voix de Thomas Mars qui oscille entre douceur et gravité. À l’inverse, Party Time est un éclair de pop pure, un tube instantané qui aurait pu figurer sur Bankrupt! tant il respire l’insouciance et l’urgence. Mais c’est peut-être Funky Squaredance qui retient le plus l’attention : un morceau de près de dix minutes, une odyssée psychédélique où les guitares se déchaînent, les percussions claquent comme des fouets, et où l’on devine l’influence de groupes comme Tame Impala ou même des pionniers de l’électro-rock comme The Chemical Brothers. Le titre est une prouesse technique, un tour de force qui prouve que Phoenix n’a rien perdu de sa capacité à surprendre.
La production de United est impeccable, signée par Philippe Zdar (décédé en 2019), dont l’héritage plane sur l’album comme une ombre bienveillante. Les mixes sont d’une clarté cristalline, chaque instrument respirant dans l’espace, des nappes de synthés aux batteries qui claquent avec une précision chirurgicale. Pourtant, l’album n’est pas exempt de défauts : Embuscade, malgré son titre évocateur, peine à se démarquer, et Definitive Breaks sonne comme un interlude trop court pour marquer les esprits. Mais ces écueils sont mineurs face à la cohérence globale de l’œuvre. Phoenix a toujours été un groupe de contrastes, et United en est l’illustration parfaite : à la fois dansant et introspectif, rétro et résolument moderne.
En définitive, United est bien plus qu’un simple album de retour. C’est une déclaration d’amour à la musique pop-rock, un disque qui célèbre l’héritage du groupe tout en osant des détours audacieux. Phoenix prouve une fois de plus qu’ils sont des alchimistes du son, capables de transformer des idées simples en quelque chose de magique. Si vous aviez douté de leur capacité à se réinventer, cet album devrait vous faire changer d’avis. United n’est pas seulement un disque à écouter : c’est une expérience à vivre, un voyage dans les méandres d’une pop qui refuse de vieillir.

