Artiste: Troy Von Balthazar

Goodnight Silver Fox (LP clear)

22,00 22,00

LP clear

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UGS : bs-536998 Catégories : , , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Couleur : Clear

Description

Avec Goodnight Silver Fox, Troy Von Balthazar signe une œuvre aussi envoûtante qu’énigmatique, un double LP qui s’étire sur près de trente-sept minutes de rock lo-fi hypnotique, où chaque note semble à la fois improvisée et méticuleusement sculptée. Le disque s’ouvre sur Sign Of The Spike, une pièce de dix-huit minutes où la guitare de Balthazar, saturée et mélancolique, se love dans un groove traînard, presque paresseux, tandis que sa voix, à la fois rauque et suave, murmure des paroles qui oscillent entre poésie urbaine et désillusion existentielle. Le morceau respire une atmosphère de fin de soirée, celle où les néons clignotent et où les ombres s’allongent, portée par une production volontairement brute, presque lo-fi, qui rappelle les meilleurs moments de The Dismemberment Plan ou des premiers albums de Built to Spill. Pourtant, c’est dans la longueur que réside sa force : Balthazar ne cherche pas à impressionner par la virtuosité, mais à immerger l’auditeur dans un état de transe mélancolique, où chaque répétition de riff devient une obsession douce-amère.

Tridents, la seconde face, pousse l’expérience encore plus loin, avec près de dix-neuf minutes de rock psychédélique et désordonné, où les distorsions de guitare s’entremêlent à des basses profondes et à une batterie qui frappe comme un marteau-pilon. Le morceau semble partir à la dérive, s’enroulant sur lui-même dans une spirale de feedbacks et de mélodies qui s’effilochent, avant de se ressaisir in extremis dans un final cathartique. C’est ici que l’on mesure toute l’audace de Balthazar : il refuse les structures conventionnelles, préférant des formes libres qui épousent l’imperfection et l’éphémère. Le résultat évoque les expérimentations de Swans dans leurs moments les plus sombres, ou les délires sonores de The Jesus Lizard, mais avec une touche de mélancolie française, comme si les rues de Paris ou de Lyon avaient imprégné ces riffs d’une nostalgie particulière.

Ce qui frappe avant tout, c’est la cohérence de l’ensemble : malgré l’absence de titres courts ou de refrains mémorables, Goodnight Silver Fox fonctionne comme une seule et même pièce, un voyage sonore où chaque détail compte. La production, signée par Balthazar lui-même, joue un rôle clé : elle est volontairement granuleuse, avec des prises de son qui laissent transparaître les imperfections, comme si l’album avait été enregistré dans un grenier ou un sous-sol mal insonorisé. Cette approche lo-fi n’est pas un choix par défaut, mais une esthétique assumée, qui renforce l’impression d’un disque conçu pour être écouté dans l’intimité, tard le soir, avec un verre de vin à la main et les lumières tamisées.

En définitive, Goodnight Silver Fox est une réussite pour les amateurs de rock qui cherchent bien plus qu’un simple divertissement : c’est une expérience sensorielle, une plongée dans un univers où la mélancolie et l’énergie brute se répondent sans cesse. Troy Von Balthazar prouve une fois de plus qu’il est un artiste rare, capable de transformer l’ordinaire en quelque chose de profondément envoûtant. À réserver aux âmes sensibles et aux collectionneurs de sons qui osent s’aventurer hors des sentiers battus.