Artiste: 13th Floor Elevators

We Are Not Live

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LP

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UGS : bs-537059 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Avec We Are Not Live, les 13th Floor Elevators ressuscitent une magie oubliée, non pas en tant que fantômes d’un passé révolu, mais comme des alchimistes modernes capables de distiller l’essence même du psychédélisme texan des années 60 tout en y injectant une vitalité contemporaine. Ce disque, présenté comme un live mais enregistré en studio avec une mise en scène de l’éphémère, est une déclaration d’intention : le groupe, mené par le charismatique Roky Erickson (via des archives vocales réinterprétées) et le guitariste Tommy Hall, prouve que les riffs hypnotiques, les rythmes tribaux et les textes hallucinés n’ont rien perdu de leur pouvoir corrosif. La production, signée par Charly Records, mise sur une chaleur analogique qui enveloppe l’auditeur comme une couverture en velours usé, tout en laissant respirer les guitares saturées et les percussions tribales, héritières directes des expérimentations de The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators (1966). On y sent la patine du temps, mais aussi la fougue d’une jeunesse éternelle, comme si Hendrix et les Stooges avaient croisé les chemins de la Austin psychédélique dans un rêve éveillé.

Le choix des reprises est audacieux, et c’est là que le disque se révèle le plus fascinant. Before You Accuse Me (Bo Diddley) prend des allures de rituel vaudou, avec un orgue qui gronde comme un orage lointain et une voix de Roky Erickson qui oscille entre murmure et hurlement, comme s’il dialoguait avec ses démons. She Lives In A Time Of Her Own (un titre original) est un joyau méconnu, où les riffs en spirale et les chœurs envoûtants rappellent You’re Gonna Miss Me, mais avec une maturité mélodique qui dépasse l’urgence des débuts. I’ve Got Levitation, titre phare, est une plongée dans l’abîme : la basse de Hall, presque subliminale, sert de trame à une guitare qui s’étire comme de la mélasse, tandis que les paroles, entre mysticisme et paranoïa, résonnent comme un mantra. À l’inverse, Everybody Needs Somebody To Love (reprise des Blues Brothers) est un clin d’œil malicieux, où le groupe joue avec l’ironie du blues, mais en y ajoutant une touche de chaos contrôlé qui rappelle que le psychédélisme n’est pas toujours sérieux.

La production, bien que soignée, n’est pas exempte de défauts : certains passages manquent de la puissance brute des originaux, et l’absence de Roky Erickson en personne (remplacé par des enregistrements archivés) donne parfois une impression de spectralité un peu trop lisse. Pourtant, c’est précisément cette tension entre le vivant et le spectral qui fait la force du disque. Les 13th Floor Elevators ne se contentent pas de rejouer leur répertoire : ils le réinventent, comme s’ils avaient passé cinquante ans à méditer sur leurs propres mythes avant de les cracher sur un vinyle avec une urgence renouvelée. You Can’t Hurt Me Anymore et Roller Coaster sont des sommets émotionnels, où la guitare de Tommy Hall et la batterie de John Ike Walton s’entrelacent dans une danse hypnotique, tandis que les paroles, entre résilience et désespoir, résonnent comme un écho des luttes personnelles de Roky Erickson.

En définitive, We Are Not Live est bien plus qu’un hommage : c’est une preuve que le psychédélisme n’est pas un genre figé, mais une énergie vivante, capable de se réinventer sans trahir ses racines. Les 13th Floor Elevators, même réduits à des ombres, parviennent à capturer l’esprit d’une époque tout en le projetant dans le présent. Pour les puristes, ce disque sera une révélation ; pour les néophytes, une porte d’entrée vers un monde où la musique est à la fois un exorcisme et une célébration. À écouter à volume maximal, de préférence sous l’influence d’une substance psychotrope… ou d’une simple envie de voyager.