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Artiste: Various Artists

Metal Machine Music: Power To Consume [Vol. 2]

Le prix initial était : 35,00€.Le prix actuel est : 29,00€. 29,00

2LP

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UGS : bs-537135 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Si Metal Machine Music: Power to Consume, Vol. 2 n’est pas une suite aussi radicale que l’originale de Lou Reed, ce coffret de 2026 en capture l’esprit subversif avec une intensité renouvelée, transformant l’héritage noise en une expérience sensorielle aussi imprévisible que nécessaire. Le projet, qui rassemble des figures aussi disparates que Merzbow, Masonna ou Lydia Lunch, joue avec les codes de l’expérimental en les poussant dans des zones où le contrôle technique cède la place à une forme de chaos organique. Dès les premières notes de My Brother’s Name Is Lucien, But Everyone Calls Him Lou (une collaboration entre Martin Rev et Moonbeam Terror), on est frappé par cette tension entre structure et déconstruction : un groove minimaliste, presque hypnotique, est immédiatement sabordé par des nappes de synthétiseurs saturés, comme si un disque de Suicide avait été plongé dans un bain d’acide. L’équilibre entre mélancolie et agressivité est ici parfait, une signature que l’on retrouve chez des artistes comme Boyd Rice ou Nurse With Wound, mais ici poussée à son paroxysme par des producteurs qui semblent avoir étudié l’art de la dissonance chez Stockhausen avant de le jeter aux orties.

Le deuxième volet, 2:32 AM On A Tuesday Morning, signé par Pod Blotz, est une plongée dans un cauchemar électro-acoustique où les fréquences basses grondent comme un moteur en surchauffe, tandis que des échos de voix distordues flottent à la surface comme des fantômes. La pièce, avec ses 3 minutes et 23 secondes, est un modèle de concision dans l’excès : chaque élément semble calculé pour créer une gêne presque physique, une sensation que l’on retrouve dans les travaux de Einstürzende Neubauten, mais ici dépouillée de toute theatricalité pour ne laisser que l’essentiel – une violence pure, presque mécanique. They Tried To Cure Him With Electricity, attribué à EROS et Emil Beaulieau, pousse l’idée encore plus loin avec une durée de près de six minutes où les nappes de bruit blanc s’entrelacent avec des percussions industrielles, évoquant à la fois les expérimentations de Whitehouse et l’énergie brute de Throbbing Gristle. La production, volontairement lo-fi, renforce l’impression d’un enregistrement capté dans les entrailles d’une usine abandonnée, où chaque grésillement et chaque souffle de vent électronique devient une menace.

La face B s’ouvre avec le T2221 Mix de Merzbow, une pièce où le Japonais légendaire étire le concept de noise jusqu’à ses limites extrêmes. Les 6 minutes et 58 secondes de cette composition sont un tourbillon de feedbacks, de distorsions et de rythmes erratiques, comme si l’auditeur était pris dans une tempête de métal et de plastique fondu. C’est une œuvre qui exige une écoute active, presque masochiste, mais qui récompense ceux qui s’y abandonnent par une expérience quasi mystique – une immersion dans le bruit comme langage universel. Some Small Animals You Don’t Want To Meet, attribué à Masonna, est plus court mais tout aussi dérangeant, avec ses sifflements aigus et ses basses qui résonnent comme des cris étouffés. La face C, avec Error-Control Regulator (Blixa Bargeld) et Rev Train (Martin Rev), alterne entre des textures glacées et des explosions de feedback, créant un dialogue fascinant entre le froid et le chaud, le mécanique et l’organique.

Enfin, la face D clôt le voyage avec Anestolapas de Lydia Lunch, une pièce de près de 15 minutes où la voix de l’artiste, à la fois rauque et envoûtante, se mêle à des nappes de bruit industriel pour former une méditation sur la douleur et la transcendance. C’est une conclusion magistrale, à la fois brutale et poétique, qui rappelle que le noise n’est pas seulement une provocation, mais aussi une forme d’art capable de toucher aux émotions les plus profondes. Le disque se termine sur un Untitled de 4 secondes, comme un souffle final, un dernier éclat de lumière dans l’obscurité. Metal Machine Music: Power to Consume, Vol. 2 n’est pas pour les âmes sensibles, mais pour ceux qui cherchent dans le bruit une forme de vérité – et c’est précisément ce qui en fait une réussite.