The New World

En un quart de siècle, Shearwater est discrètement devenu l’un des groupes américains les plus singuliers et les plus aventureux. Mené comme toujours par le chanteur-compositeur et naturaliste Jonathan Meiburg, The New World rassemble neuf chansons immersives qui emmènent le groupe plus loin que jamais, en compagnie rare : aux côtés des membres Emily Lee et Dan Duszynski, le casting réunit Shahzad Ismaily, le saxophoniste et clarinettiste Doug Wieselman, la joueur de qanun Farouz Zriek, le guitariste Leo Abrahams, le ngoniste Mamadou Kouyate, les percussionnistes Mahamadou Tounkara et Moctar Kouyate (de Ngoni Ba), et le batteur inclassable Thor Harris. Sans oublier la visite surprise d’une certaine L. Anderson. Tout ce beau monde n’est pas de trop : chacun est le compagnon idéal d’un voyage à travers la joie, la confusion, la révérence et la défiance, avec la voix de Meiburg comme guide gracieux et insaisissable. À la fois dépouillé et ornemental, The New World est absorbant comme peu d’albums le sont — difficile de ne pas l’écouter jusqu’au bout une fois qu’on y est entré.

Daniel

Daniel est la suite acoustique instrumentale de From Anywhere (2022), paru sur le label Karma Chief. Cet album élargit l’horizon de Reverend Baron, alias Danny Garcia, délaissant les paysages urbains de Los Angeles pour l’effervescence de Mexico et les plaines de Red Cloud au Nebraska. Au cœur de ce voyage se trouve une guitare acoustique à cordes en nylon, précieux héritage familial ayant appartenu à son père et à son grand-père. Cet instrument, devenu au fil des ans un véritable talisman, porte en lui une lignée et une histoire profonde. À travers ses improvisations, Garcia a cherché à capturer une sonorité unique qui s’affranchit des origines de la guitare tout en rendant hommage à des influences variées. On y perçoit les échos des sonorités d’Antonio Bribiesca et Luiz Bonfa, mêlés aux textures mélancoliques de Townes Van Zandt et Nick Drake. Sans prétendre à leur virtuosité, Danny Garcia insuffle à ses compositions une âme et une vulnérabilité qui caractérisent son œuvre. L’album Daniel se présente comme une série de méditations acoustiques chaleureuses, où la fluidité de titres comme « El Monte » ou « How Glad » côtoie la solitude contemplative de « Muchacho ». L’ensemble forme un paysage sonore éthéré, évoquant des nuages dérivant dans un ciel immense, marquant une étape intimiste et personnelle dans la discographie de l’artiste.

The Transit Rider (2LP)

Vingt ans après sa sortie en CD, The Transit Rider arrive enfin en vinyle. D’abord conçu comme une pièce de théâtre musical puis perfectionné sur scène avant l’enregistrement, TTR met en valeur la présence scénique intense de Faun Fables et son univers électroacoustique mêlant des sonorités folk anglo-européennes, allant du traditionnel à Kurt Weill en passant par le folk-rock. Réparti sur quatre faces, avec une pochette revisitée et des photos inédites du spectacle original, ce trajet d’une heure prend vie dans un medley de moments musicaux plus grands que nature.

Hillbilly Erotica (K7)

Sir Richard Bishop, le seigneur de la guitare : « une guitare, six cordes, pas de superpositions, 7/8 d’improvisation, 1/8 de composition » : tels sont les mots d’ordre d’un pseudo-volume 2 de récitals post-grass modaux inspirés, de souvenirs hérités et de nouveaux hymnes nationaux, un mélange psychotique de souvenirs non hérités. Êtes-vous prêts pour un peu de Hillbilly Erotica ? Pour les fans de Doc Watson, Ricky Skaggs, Bill Orcutt.

Hillbilly Erotica (LP)

Sir Richard Bishop, le seigneur de la guitare : « une guitare, six cordes, pas de superpositions, 7/8 d’improvisation, 1/8 de composition » : tels sont les mots d’ordre d’un pseudo-volume 2 de récitals post-grass modaux inspirés, de souvenirs hérités et de nouveaux hymnes nationaux, un mélange psychotique de souvenirs non hérités. Êtes-vous prêts pour un peu de Hillbilly Erotica ? Pour les fans de Doc Watson, Ricky Skaggs, Bill Orcutt.

The Final Painting

Au cours des dernières années de sa vie, le poète, peintre et auteur-compositeur Ed Askew a de nouveau collaboré avec son producteur, Jerry David DeCicca, sur le remarquable album For the World, sorti en 2013. L’énergie crépusculaire est à la fois luxuriante et minimaliste, avec la participation de Sharon Van Etten, Eve Searls, Canaan Faulkner, Bill Callahan, William Tyler, Ryan Jewell, Dustin Laurenzi, Fulvio Sigurta et Trevor Nikrant du Roadhouse Band de Ryan Davis. Une méditation vivifiante sur l’amour et le lent départ de notre enveloppe charnelle. Si vous aimez les dernières réflexions de Lou Reed, Leonard Cohen et David Bowie.

A Certain Distance (2LP color)

A Certain Distance (2009) est sans doute l’album le plus aimé de Lusine, porté par le single emblématique « Two Dots ». Depuis ses premières sorties, Jeff McIlwain s’est constitué l’une des discographies les plus diverses de ces quinze dernières années, brouillant sans effort les frontières entre techno, electro-pop et composition expérimentale. Basé à Seattle, le producteur construit des arrangements méticuleux, mais chargés d’émotion et d’âme. Clash Magazine le résumait ainsi : un mélange d’ambient, d’electronica expérimentale, de mélodies luxuriantes et de beats réfléchis, avec une qualité cinématographique rare — une bande-son pour mille scènes imaginées.

Crime 101 (Original Motion Picture Soundtrack)

Invada présente la bande originale du film Crime 101, composée par le musicien électronique expérimental, producteur et compositeur Blanck Mass (She Rides Shotgun). L’album est pressé sur vinyle noir et présenté dans une pochette de luxe estampée à la feuille métallique, accompagnée d’un encart recto-verso. Crime 101 raconte l’histoire d’un voleur de bijoux insaisissable (Chris Hemsworth) dont la série de braquages le long de l’autoroute 101 a déconcerté la police. Alors qu’il lorgne sur le coup de sa vie, son chemin croise celui d’une courtière en assurance désabusée (Halle Berry) qui se trouve elle-même à la croisée des chemins.

Change the Wind

Lauréat d’un Grammy en 2021 pour son travail aux côtés d’Esperanza Spalding, le compositeur, chanteur et multi-instrumentiste Corey King est devenu l’une des voix les plus polyvalentes de la musique contemporaine. Un parcours qui l’a mené de Milton Nascimento à Gil Scott-Heron, de Bonobo à DJ Premier en passant par Iggy Pop, façonnant un son qui circule librement entre jazz, soul, composition cinématographique et expérimentation. Avec Change the Wind, King concentre toute cette étendue dans une déclaration personnelle et habitée. Écrit sur plusieurs années de bouleversements et de transitions, l’album alterne intimité et ampleur, réflexion silencieuse et arrangements de groupe expansifs. Résilience, clarté, recalibrage émotionnel : des thèmes qui traversent le disque avec la cohérence de quelque chose de vécu plutôt que de conceptualisé. Au centre de tout, une pièce lumineuse intitulée « R.M.K », inspirée par la naissance de la fille de King, qui ancre l’album émotionnellement et donne le ton : soin, responsabilité, fragilité du lien. Musicalement, le disque est riche sans être dense — piano chaleureux, voix en couches, cuivres de chambre, rythmiques broken-beat et textures électroniques subtiles, avec des passages d’influence afrobeat et des espaces plus nus et intimes. Spalding et le trompettiste Takuya Kuroda contribuent sans jamais alourdir l’ensemble. Change the Wind se révèle comme une expérience d’écoute complète, qui se déploie lentement et récompense l’attention. Un disque sur la transformation tranquille, sur la clarté trouvée dans le mouvement.

Private Space (LP color random)

Poussant au-delà des limites du funk et de la soul de leurs précédents albums, « Private Space » ouvre la porte à un plus large éventail de sons et se lance audacieusement dans un monde de soul moderne synthétique et de rythmes disco. C’est un disque intemporel, frais mais tout aussi familier que votre disque préféré bien usé. Mis au point après avoir été séparé pendant une grande partie de l’année, ce nouvel album est créatif, explosif et parvient à bouleverser les attentes. Ses 10 morceaux sont à la fois une fantaisie d’évasion et un recentrage bien nécessaire après une année 2020 tumultueuse. Tout au long de l’album, The Indications met en évidence une résilience collective, ainsi que le pouvoir d’une bonne chanson à être une lumière dans l’obscurité. Durand Jones et The Indications ont longtemps fourni la bande-son soul de ces pensées profondes, à la fois sur scène et sur votre platine. Mais alors que le monde se remet lentement du chaos de l’année dernière, « Private Space » arrive au bon moment.

Glera (K7 green)

Big Crown Records a le plaisir de présenter « Glera », le premier album de Marco Benevento sur le label. Marco Benevento a toujours agi comme quelqu’un qui considère le studio comme un instrument à part entière – et non pas simplement comme une pièce où sont entreposés ses jouets. Bien avant de se produire sur scène aux côtés de Freddie Gibbs et Madlib, ou d’être mentionné dans les notes de pochette des albums de Clairo et Leon Bridges, Benevento pensait déjà comme un producteur : il était à l’écoute des textures, des tensions et des espaces vides – ainsi que de cette étrange alchimie émotionnelle qui naît de la rencontre entre le groove et la curiosité. Son nouvel album, *Glera*, affine cet instinct et met en lumière Benevento non seulement en tant que claviériste virtuose et chef de groupe, mais aussi en tant que compositeur capable de créer des univers entiers à partir du rythme, du son et de l’émotion.

« Glera » est un album de jazz transcendant les genres, qui allie la soul et les basses souples du reggae à un esprit ouvert aux possibilités. Le projet a débuté il y a trois ans comme une sorte d’expérience personnelle : Benevento composait de manière intuitive, inspiré par les musiques de films et les mélodies italiennes. Au fil du temps, ces ébauches ont évolué vers quelque chose de plus grand et de plus puissant – pour aboutir finalement à la forme majestueuse que l’on peut entendre ici.

Il en résulte une musique au mouvement cinématographique, sans pour autant paraître prétentieuse ou surchargée. Les morceaux donnent tantôt l’impression de courses-poursuites, tantôt celle de fondus enchaînés – parfois même au sein d’un même morceau. L’improvisation jazz côtoie des grooves reggae, des éléments orchestraux et une ambiance pop psychédélique. Exploratoire, mais ancré dans la réalité ; complexe, mais toujours clairement axé sur le groove.

Le morceau d’ouverture de l’album, « Frizzante », est une véritable fête musicale : un tube énergique et feel-good, capturé sur bande, dans lequel Marco échange des mélodies avec lui-même sur un groove implacable. Sur « Turandot », Benevento est accompagné au chant par l’Italienne Marianne Mirage ; ce morceau sombre et cinématographique oscille avec aisance entre les univers de Portishead et de Serge Gainsbourg. Avec « Big Top », la palette sonore s’élargit encore davantage : agrémentée d’enregistrements vocaux et de cris de paon, cette chanson peut être décrite à juste titre comme du « funk de cirque ». Un coup de sifflet – et le spectacle commence avec « Houdini », un titre de dancefloor aux accents jazz-fusion qui fait irruption dès le premier coup de batterie. Sur « I Can’t Control This Bliss », Benevento y ajoute une touche de dream pop et invite Dream Crease au micro – pour une dose de beauté imprégnée de lo-fi. Elizabeth Steiner apporte son jeu de harpe réputé à « Miss Neptune », porté par une base aux vibrations profondes inspirée du reggae. À plein régime, « Sprezzatura » fonce comme une course-poursuite à grande vitesse dans des rues étroites, tandis que « Quattro Passi » ralentit le rythme et invite à une balade décontractée – avec la participation de la chanteuse de jazz Chiara Civello.

Marco Benevento se montre ici au sommet de son art, façonnant le son avec détermination et curiosité. Cet album s’annonce haut et fort – à la fois tourné vers l’extérieur et profondément intime. C’est une musique en mouvement : entre les genres, les tempos et les registres, toujours ancrée dans la joie de la découverte. Un album qui incarne le mouvement, emportant le passé avec lui sans jamais s’arrêter.

Glera (LP green)

Big Crown Records a le plaisir de présenter « Glera », le premier album de Marco Benevento sur le label. Marco Benevento a toujours agi comme quelqu’un qui considère le studio comme un instrument à part entière – et non pas simplement comme une pièce où sont entreposés ses jouets. Bien avant de se produire sur scène aux côtés de Freddie Gibbs et Madlib, ou d’être mentionné dans les notes de pochette des albums de Clairo et Leon Bridges, Benevento pensait déjà comme un producteur : il était à l’écoute des textures, des tensions et des espaces vides – ainsi que de cette étrange alchimie émotionnelle qui naît de la rencontre entre le groove et la curiosité. Son nouvel album, *Glera*, affine cet instinct et met en lumière Benevento non seulement en tant que claviériste virtuose et chef de groupe, mais aussi en tant que compositeur capable de créer des univers entiers à partir du rythme, du son et de l’émotion.

« Glera » est un album de jazz transcendant les genres, qui allie la soul et les basses souples du reggae à un esprit ouvert aux possibilités. Le projet a débuté il y a trois ans comme une sorte d’expérience personnelle : Benevento composait de manière intuitive, inspiré par les musiques de films et les mélodies italiennes. Au fil du temps, ces ébauches ont évolué vers quelque chose de plus grand et de plus puissant – pour aboutir finalement à la forme majestueuse que l’on peut entendre ici.

Il en résulte une musique au mouvement cinématographique, sans pour autant paraître prétentieuse ou surchargée. Les morceaux donnent tantôt l’impression de courses-poursuites, tantôt celle de fondus enchaînés – parfois même au sein d’un même morceau. L’improvisation jazz côtoie des grooves reggae, des éléments orchestraux et une ambiance pop psychédélique. Exploratoire, mais ancré dans la réalité ; complexe, mais toujours clairement axé sur le groove.

Le morceau d’ouverture de l’album, « Frizzante », est une véritable fête musicale : un tube énergique et feel-good, capturé sur bande, dans lequel Marco échange des mélodies avec lui-même sur un groove implacable. Sur « Turandot », Benevento est accompagné au chant par l’Italienne Marianne Mirage ; ce morceau sombre et cinématographique oscille avec aisance entre les univers de Portishead et de Serge Gainsbourg. Avec « Big Top », la palette sonore s’élargit encore davantage : agrémentée d’enregistrements vocaux et de cris de paon, cette chanson peut être décrite à juste titre comme du « funk de cirque ». Un coup de sifflet – et le spectacle commence avec « Houdini », un titre de dancefloor aux accents jazz-fusion qui fait irruption dès le premier coup de batterie. Sur « I Can’t Control This Bliss », Benevento y ajoute une touche de dream pop et invite Dream Crease au micro – pour une dose de beauté imprégnée de lo-fi. Elizabeth Steiner apporte son jeu de harpe réputé à « Miss Neptune », porté par une base aux vibrations profondes inspirée du reggae. À plein régime, « Sprezzatura » fonce comme une course-poursuite à grande vitesse dans des rues étroites, tandis que « Quattro Passi » ralentit le rythme et invite à une balade décontractée – avec la participation de la chanteuse de jazz Chiara Civello.

Marco Benevento se montre ici au sommet de son art, façonnant le son avec détermination et curiosité. Cet album s’annonce haut et fort – à la fois tourné vers l’extérieur et profondément intime. C’est une musique en mouvement : entre les genres, les tempos et les registres, toujours ancrée dans la joie de la découverte. Un album qui incarne le mouvement, emportant le passé avec lui sans jamais s’arrêter.