Crusher (LP grey)

« Crusher », le premier album de Sooj – un projet collaboratif réunissant des membres de Duster et de Dirty Art Club. Ce disque surgit de manière tout à fait inattendue, comme une retransmission faiblement éclairée provenant d’un endroit situé quelque part entre Portland, Charlotte et Santa Cruz. Crusher reprend là où s’était arrêté leur double face A de 2024, « Anhedonia II / Ecstasy Cowgirl », et fait se fondre le slowcore de Duster dans la production riche en samples et de type collage de Dirty Art Club.

Le résultat n’est ni un groupe ni un projet parallèle, mais quelque chose de plus insaisissable : un troisième espace, construit à partir de bruits de bande, de souvenirs fragmentés et d’interférences nocturnes. Tout au long de sa durée, l’album échappe à l’attrait de la nostalgie. Au contraire, il flotte dans un présent liminal – à mi-chemin entre collaboration et échappatoire. Sooj, fondé par Clay Parton, Canaan Amber et Matt Cagle, est né d’une amitié nouée en tournée, qui s’est peu à peu transformée en quelque chose de plus durable. Les premières discussions ont débouché sur des sessions communes, au cours desquelles Cagle a fait le voyage de la Caroline du Nord à Portland, où la majeure partie de « Crusher » a finalement pris forme.

« Faire de la musique est parfois une chose étrange et éthérée », expliquent les membres de Sooj. « Cela peut être si fragile, si éphémère. Une sorte d’apogée d’un moment précis et de tout le chemin parcouru jusqu’alors, sans oublier tous ces éléments supplémentaires qui peuvent s’immiscer de manière cosmique. »

Impala (LP ecomix)

« Impala », le deuxième album légendaire de Songs:Ohia, initialement sorti en 1998 et épuisé depuis longtemps, sera réédité en vinyle en août par Secret Canadian. Cette sortie comprend une démo remasterisée de « Tess », enregistrée à l’origine lors des sessions d’enregistrement d’« Impala ». « Lorain, dans l’Ohio ; c’est un endroit difficile pour grandir. Soit on s’en sort, soit on ne s’en sort pas.

Compte tenu des industries qui y sont (ou y étaient) implantées – l’aciérie, l’usine Ford et le chantier naval –, la diversité de la population y est unique. Une chose est sûre, c’est une ville ouvrière de bout en bout. Quel est le rapport avec cette nouvelle sortie de Songs: Ohia ? Eh bien, Jason – le principal artisan de Songs – a grandi, tout comme moi, dans ce trou perdu, et même si l’on peut quitter la ville, elle ne vous quitte jamais. « Impala » est une nouvelle preuve du talent d’auteur-compositeur de Jason Molina. Les morceaux contenus dans cet album offrent un aperçu de l’âme d’un homme qui tente d’exorciser les démons de la vie et du deuil. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut simuler. C’est ce qui arrive quand on grandit en sachant que les usines où travaillaient ses parents ne sont pas une option pour soi et que la seule véritable option est d’essayer de s’en sortir (plus facile à dire qu’à faire).

Les morceaux de « Impala », réduits à Jason et Geof Comings, sont les plus épurés et les plus structurés que le groupe ait publiés à ce jour. L’un des albums les plus sincères et les plus puissants de Songs:Ohia.

A Short History of Decay (LP purple)

Nothing a toujours été un groupe anticonformiste. Des rebelles du shoegaze qui ont réinventé ce genre musical à leur image brute et incisive, à l’américaine. Des poètes marginaux déversant leur angoisse existentielle sur des toiles immenses de fuzz et de réverbération. Débutant en Philadelphie en 2010 comme un projet solo dans sa chambre, la musique de Nothing a toujours su capturer toute la complexité de la condition humaine, de la colère explosive à la tristesse murmurée. a short history of decay, le cinquième album solo de Nothing et le premier chez Run For Cover Records, élargit encore cette perspective, offrant l’interprétation la plus aboutie de Nothing à ce jour. Le groupe n’a jamais sonné aussi puissant, jamais été aussi intime, jamais aussi authentique. Avec la formation la plus solide de Nothing composé désormais du guitariste Doyle Martin (Cloakroom), du bassiste Bobb Bruno (Best Coast), du batteur Zachary Jones (MSC, Manslaughter 777) et du troisième guitariste Cam Smith (Ladder To God, également membre de Cloakroom), l’auteur-compositeur-interprète Domenic ‘Nicky’ Palermo savait qu’il disposait des musiciens parfaits pour réaliser l’album le plus ambitieux du groupe à ce jour. Co-écrit et produit avec le guitariste de Whirr, Nicholas Bassett, et bénéficiant de la production et du mixage additionnels de Sonny Diperri (DIIV, Julie), a short history of decay est l’œuvre la plus aboutie du catalogue de Nothing. Des titres comme “Cannibal World” et “Toothless Coal” sont des déferlements cataclysmiques de sonorités de shoegaze industriel, évoquant My Bloody Valentine, en plus extrême. À l’opposé, le morceau “Purple Strings”, d’une mélancolie ornementée, offre un magnifique arrangement de cordes avec la harpiste Mary Lattimore, qui a collaboré à deux reprises avec Nothing. Cette délicatesse baroque imprègne d’autres titres de l’album, notamment “The Rain Don’t Care”, une ballade mélodieuse qui évoque l’élégance désuète de Mojave 3, et “Nerve Scales”, un morceau pop entraînant qui rappelle Radiohead par son mariage d’atmosphère surnaturelle et de précision réaliste. Palermo qualifie ce nouvel album de « chapitre final ». Non pas la fin de Nothing, mais la conclusion d’une histoire commencée avec le premier album du groupe, Guilty of Everything (2014), un autre album sur le temps, le regret et la confrontation à des vérités dérangeantes. a short history of decay est autant un rappel du passé de Palermo qu’un saut dans l’avenir de Nothing.

Call the Doctor (30th Anniversary) (LP clear)

Sleater-Kinney célèbre le 30e anniversaire de son deuxième album, Call the Doctor, avec une édition vinyle. Sleater-Kinney est un groupe de rock américain reconnu, formé à Olympia, dans l’État de Washington, en 1994. Le groupe est composé de Corin Tucker (chant et guitare), Carrie Brownstein (guitare et chant) et Janet Weiss (batterie). Sleater-Kinney était connu pour ses convictions féministes et de gauche, et a joué un rôle essentiel dans les scènes riot grrrl et indie rock du Nord-Ouest Pacifique. Call the Doctor est le deuxième album studio de Sleater-Kinney. Il a été produit par John Goodmanson et est sorti initialement le 25 mars 1996 chez Chainsaw Records. L’album est souvent considéré comme le premier véritable album de Sleater-Kinney, car Tucker et la chanteuse et guitariste Carrie Brownstein avaient quitté leurs précédents groupes, Heavens to Betsy et Excuse 17, au moment de son enregistrement. La formation comprenait Corin Tucker (chant, guitare), Carrie Brownstein (guitare, chant) et Lora Macfarlane (batterie, chant). Call the Doctor a été classé troisième dans le sondage « Pazz & Jop » des critiques du Village Voice en 1996. En 2010, il a été classé 49e dans la liste des 100 meilleurs albums des années 1990 établie par la rédaction de Rolling Stone.

Live at Panorama Hotel (12″ gold)

Le premier enregistrement live officiel de Molchat Doma, interprété et enregistré au légendaire Hôtel Panorama, cet impressionnant monument architectural que l’on peut voir sur la pochette de leur album phare « Etazhi ».

Molchat Doma, salué pour incarner une esthétique darkwave unique de l’époque soviétique, donne vie à son univers sonore envoûtant à travers trois titres très appréciés des fans : « Toska » et « Sudno », tirés du phénomène viral « Etazhi », ainsi que « Chernye Cvety », issu de leur album « Belaya Polosa » de 2024, salué par la critique. Loués pour leur capacité à associer des sons de synthétiseurs mélancoliques à des rythmes entraînants, cette sortie capture l’énergie brute de leurs concerts – et met en avant le chant d’Egor, d’une émotion saisissante, aux côtés de versions subtiles et réinterprétées en live de leurs arrangements caractéristiques de synthétiseurs et de guitares.

Live at Neumos (2011) (2LP clear)

Les icônes de l’indie-folk de Seattle, The Head and the Heart, célèbrent le 15e anniversaire de leur premier album phare avec la sortie d’un concert enregistré en 2011 au Neumos, la salle de concert culte de leur ville natale. Ce double album immortalise un concert plein d’énergie, au moment même où le groupe commençait à percer. Live at Neumos (2011) reprend toutes les chansons de l’album éponyme de The Head and the Heart, certifié disque de platine, ainsi que deux titres inédits : la version originale de « Long Time Away » et une reprise de « T is for Texas (Blue Yodel #1) » de Jimmie Rodgers.

New Wave Graveyard

Josh da Costa (Regal Degal, CMON) fait ses débuts en solo avec New Wave Graveyard, un album qui rend hommage à un spectre large de musiques underground tout en se taillant un territoire bien à lui. Le new wave des années 70 et 80 donne son nom au disque, mais c’est loin d’être la seule influence en jeu. Glam, shoegaze et bien d’autres courants se fondent dans une belle soupe de styles et d’idées, nourrie par le goût éclectique de Josh da Costa. Des paroles pleines d’esprit, des chansons à la fois accrocheuses et ambitieuses : New Wave Graveyard est une première déclaration aussi enthousiasmante que prometteuse.

Irwin’s Lands (alternative cover)

À travers Irwin’s Lands, Al’Tarba compose une œuvre immersive où chaque morceau s’apparente à un territoire singulier, une étape sur une cartographie onirique. Chaque morceau étant comme un pays imaginaire différent que l’on visite avec l’esprit. Le beatmaker toulousain y explore différentes atmosphères, mêlant hip-hop, trip-hop, classique et musiques électroniques, avec une identité sonore toujours cinématographique.

Lila

Photographe acclamé, artiste né en Algérie et basé à Paris, Mohamed Bourouissa entretient depuis longtemps un intérêt profond pour le son. LILA est son premier album solo, un « objet musical » autoproclamé qui fait l’inventaire des relations importantes de sa vie — chaque titre est dédié à une personne à laquelle il pensait en composant le disque. Avec des apparitions de l’artiste franco-sénégalais Le Diouck et de la figure avant-gardiste italienne Valentina Fanigliulo (aka Mushy et Phantom Love), l’album ressemble à un journal de réflexions hypnagogiques, utilisant des synthés apesantis, des voix AutoTunées brisées et des séquences de beats dissociées pour esquisser un portrait de sa réalité intérieure. La première référence sonore identifiable de Bourouissa remonte à 2009 avec Temps Morts, une vidéo nommée d’après le premier album de Booba. Depuis, il a suivi son intuition : une compilation de sons expérimentaux du monde arabe en 2017, une collaboration avec Jordan Quiqueret pour traduire les fréquences d’un acacia en rythmes, et un duo avec Fanigliulo qui lui a finalement donné la confiance d’embrasser ses capacités. « C’est à ce moment-là que le son est devenu une partie intégrale de ma pratique artistique. » De la même philosophie naît LILA, des accords de piano et échos choraux de l’intro jusqu’aux bourdonnements microtonaux de l’outro. Un album difficile à classer, où des traces de pop côtoient des vestiges de musique club, des arpeggios FM hantés et des drones de synthé xenharmoniques. Le fil conducteur : Bourouissa représente un sentiment plutôt qu’un son. Une musique si tactile qu’on pourrait presque la toucher.

Mount Zero (K7 pink)

« Mount Zero », le premier album de Swapmeet, est un road trip entraînant et riche en guitares qui rappelle le slowcore et le rock alternatif des années 90 et du début des années 2000, tout en redonnant vie à ce style. Il marque le moment où le quatuor australien trouve sa propre identité. Après leur premier EP onirique « Oxalis », sorti en 2024, « Mount Zero » paraît peu après la signature du contrat du groupe avec le label Winspear, basé à Los Angeles, après avoir fait sensation dans toute l’Australie, remporté aux South Australian Music Awards les prix de la meilleure sortie et de la meilleure chanson (« Ceiling Fan ») et décroché le titre de « Meilleur nouveau venu » au SXSW Sydney.

« Mount Zero » allie une douceur aérienne à un surréalisme décalé, transformant ainsi bon nombre des regrets et des incertitudes de la jeune adulte en une confiance en soi naissante et retrouvée. Bien que les membres de Swapmeet écrivent souvent leurs chansons individuellement dans un premier temps, les titres de « Mount Zero » ont finalement tourné autour de thèmes communs : premiers amours, premiers chagrins d’amour, premières situations embarrassantes, premières catastrophes. Comme depuis leurs débuts en tant que groupe, les membres de Swapmeet ont échangé leurs instruments entre eux pour « Mount Zero » et se sont réparti les tâches de production en tant que quatuor.

Ils ont développé leur son en superposant des dizaines (parfois des centaines) de pistes dans chaque morceau, puis en supprimant minutieusement des éléments jusqu’à ce que la production prenne une forme claire. Le résultat est un album sur lequel Swapmeet capture cette intensité qui fait grincer des dents, celle que l’on ressent lorsqu’on se transforme au niveau cellulaire sous la pression implacable de la réalité. C’est un hommage à toutes les vies qui ne pourront jamais être vécues, à tous les chemins qui ne seront jamais empruntés – et en même temps une ode à la vie qui s’étend juste devant nous.

Mount Zero (LP brown)

« Mount Zero », le premier album de Swapmeet, est un road trip entraînant et riche en guitares qui rappelle le slowcore et le rock alternatif des années 90 et du début des années 2000, tout en redonnant vie à ce style. Il marque le moment où le quatuor australien trouve sa propre identité. Après leur premier EP onirique « Oxalis », sorti en 2024, « Mount Zero » paraît peu après la signature du contrat du groupe avec le label Winspear, basé à Los Angeles, après avoir fait sensation dans toute l’Australie, remporté aux South Australian Music Awards les prix de la meilleure sortie et de la meilleure chanson (« Ceiling Fan ») et décroché le titre de « Meilleur nouveau venu » au SXSW Sydney.

« Mount Zero » allie une douceur aérienne à un surréalisme décalé, transformant ainsi bon nombre des regrets et des incertitudes de la jeune adulte en une confiance en soi naissante et retrouvée. Bien que les membres de Swapmeet écrivent souvent leurs chansons individuellement dans un premier temps, les titres de « Mount Zero » ont finalement tourné autour de thèmes communs : premiers amours, premiers chagrins d’amour, premières situations embarrassantes, premières catastrophes. Comme depuis leurs débuts en tant que groupe, les membres de Swapmeet ont échangé leurs instruments entre eux pour « Mount Zero » et se sont réparti les tâches de production en tant que quatuor.

Ils ont développé leur son en superposant des dizaines (parfois des centaines) de pistes dans chaque morceau, puis en supprimant minutieusement des éléments jusqu’à ce que la production prenne une forme claire. Le résultat est un album sur lequel Swapmeet capture cette intensité qui fait grincer des dents, celle que l’on ressent lorsqu’on se transforme au niveau cellulaire sous la pression implacable de la réalité. C’est un hommage à toutes les vies qui ne pourront jamais être vécues, à tous les chemins qui ne seront jamais empruntés – et en même temps une ode à la vie qui s’étend juste devant nous.

Time Bomb High School

En 2002, Reigning Sound lâchait Time Bomb High School, un disque de rock and roll dévastateur qui conquit aussi bien Little Steven Van Zandt que Howlin’ Pelle Almqvist des Hives. Épuisé depuis sa sortie initiale, il était devenu un objet de culte insaisissable pour les collectionneurs. Les voilà enfin récompensés. Salué par The Guardian comme « un classique rock’n’roll-soul inattaquable », l’album était une percée pour le quatuor de Memphis composé de Greg Cartwright (chant, guitare), Jeremy Scott (basse), Greg Roberson (batterie) et Alex Greene (orgue, guitare). Originaux de Cartwright et reprises confondus, les chansons sont aussi vivantes que jamais. Cette réédition remasterisée, avec une nouvelle pochette signée Cartwright, respecte scrupuleusement le séquençage du pressage original de 2002 : la face A réservée aux ballades mid-tempo et chansons d’amour, la face B aux rockers. Un choix qui révèle quelque chose d’essentiel sur le groupe — la fanfaronnade intacte, mais la garde baissée, le cœur ouvert, comme si les morceaux les plus enragés servaient de refuge contre la tempête. Time Bomb High School dans sa forme définitive : un classique prêt à être redécouvert, aussi vital que les vieux 45 tours poussiéreux qui ont inspiré Reigning Sound.